église de Belgrade
Paroisse Saint-Joseph
Belgrade
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Pour quel Noël cette année 2020 ?




Il faut ne pas être de ce monde pour ne pas reconnaître que l’année 2020 est une année particulière ; il faut un sens profond d’humanisme pour bien gérer ce temps de crise sanitaire. C’est donc à juste titre que des voix s’élèvent pour nous inviter à vivre ce temps en acceptant l’inacceptable, c’est-à-dire revoir ce qui a toujours rythmé notre quotidien, notre travail, nos rapports humains, nos célébrations. Ainsi, cette année, Noël ne sera pas comme celui de nos habitudes : une année particulière pour un Noël particulier.

 

les 4 bougies de l'Avent

 

En effet, si lors de la première vague dans l’épidémie liée au coronavirus il nous a été refusé de vivre le Carême et le temps pascal comme d’habitude, il en sera de même dans cette deuxième vague qui ne nous offrira pas un Noël habituel. Quand le gouvernement, à l’approche de Noël, autorise 15 personnes par célébration, est-ce prudent pour nous d’entrer dans ce jeu ? Dans ces conditions surréalistes, nous jugeons bon et raisonnable de vivre autrement Noël.

  

Pourquoi ne pas vivre cette fois-ci un Noël, non pas celui qui nous attache au rituel ou à une liturgie donnée, mais tout autre qui nous attache plus à ce à quoi renvoie le rite ou la liturgie ? Celui que nous accueillons à Noël s’est fait l’un de nous pour nous sauver.  Nous pouvons l’imiter en nous faisant proches des pauvres qui manquent de repas à Noël. Il y a ça, mais il y a peut-être aussi plus à découvrir, à inventer. Qui sait si tout cela n’arrive pas pour nous sortir de ce qui, pour nous, semble faire la beauté liturgique dans nos temples, alors que cette beauté voile le vrai visage que l’Église du Christ est appelée à rayonner et à faire signe dans le monde ?

  

Pour renchérir avec le Chanoine Joël Rochette, n’est-ce pas pour nous une opportunité pour « un bon culte de Dieu, qui nous démasque dans notre pauvreté et notre fragilité » ? Aussi, ne peut-on pas y entendre un appel avec le père Javier Leoz, curé de paroisse à Pampelune ?  Javier pense que, cette année, si la crise sanitaire nous refuse de célébrer Noël comme d’habitude, elle n’annule pourtant pas Noël, mais il faut qu’il soit « Plus silencieux et plus profond, plus semblable au premier Noël… » C’est un Noël simple, à vivre « avec l’humilité des bergers à la recherche de la vérité…, sans que les rues ne débordent…, sans peur du “covid-Hérode”… qui prétend nous enlever le rêve de l’attente. Il y aura Noël parce que DIEU est de notre côté. Et nous partagerons, comme le Christ l’a fait dans une crèche, notre pauvreté, notre épreuve, nos pleurs, notre angoisse et notre condition d’orphelin. Il y aura Noël parce que nous avons besoin de cette lumière divine au milieu de tant de ténèbres. »

 

  crèeche de Noël

 

Malgré toutes les autres crises qu’entraine le Covid-19, - la crise économique, des instabilités politiques, etc.-, ne désespérons pas d’espérer que l’étoile de Bethléem finira par réapparaitre pour nous indiquer le chemin de l’avenir. Nous devons toujours nous préparer avec courage et détermination à affronter tous les défis sans perdre l’espérance. 

 

Je sais que beaucoup parmi nous ont été profondément secoués par la maladie ou la perte d’un être cher.  Nous les assurons de notre proximité dans la prière. En priant pour tous nos défunts et nos malades, nous n’oublions pas de confier au Seigneur le personnel soignant de nos hôpitaux.

 

À chacun et chacune, bonne préparation pour un Noël solidaire, à vivre autrement dans la sérénité, en espérant que l’année nouvelle nous donnera de retrouver nos jours de joie et de fête.

 

Abbé Christophe Bikuika

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