église de Belgrade
Paroisse Saint-Joseph
Belgrade
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Mosaïque moderne du Bon Samaritain

Une nouvelle année pastorale et catéchétique au défi de la pandémie de Covid-19



Nous avons désiré vivre la dernière année pastorale dans un souci catéchétique porteur de la joie de la mission pour la fécondité et la vitalité de notre communauté paroissiale. Alors que nous avancions lentement et sûrement vers Pâques, à l’approche des premières communions et des confirmations, le troisième dimanche de Carême où saint Paul devait nous dire que « l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs » (Romains 5, 5), grande a été notre désolation. C’est ce dimanche-là, 15 mars, que tout s’est arrêté, nous étions invités à vivre confinés pour endiguer la propagation de la pandémie de coronavirus.

 

Il a fallu attendre jusqu’au 08 juin pour reprendre nos célébrations liturgiques publiques. À Belgrade, c’est le dimanche 14 juin, fête du Corps et du Sang du Christ que nous avons repris effectivement nos assemblées dominicales, mais dans une ambiance inédite avec imposition de nombreuses mesures : désinfection des mains avec le gel hydroalcoolique, nombre limité des participants à l’eucharistie, pas de chant choral, sans parler de distanciation et d’autres restrictions.

 

En ce mois de septembre s’ouvre une nouvelle année pastorale, mais nous faisons encore face à la pandémie. Durant ce temps d’épreuve et d’une expérience inédite, nous sommes invités à plus d’espérance plutôt que de céder à la grande tentation du désespoir. Oui, les mesures sanitaires vont continuer à rythmer notre quotidien, notre travail, nos rapports humains, nos célébrations. Malgré cela, comme nous y invite Mgr Warin dans son Billet (voir communications-septembre 2020, p. 252) : « Le moment est venu de sortir. En respectant les mesures sanitaires qui restent plus que jamais d’actualité, allons au dehors vers nos frères et développons l’anticorps du monde fraternel. » Tel est le souhait qu’il formule au seuil de cette nouvelle année pastorale.

 

Ce souhait rejoint celui du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux et du Conseil œcuménique des Églises. Dans un document de réflexion publié récemment, ces deux Conseils invitent les chrétiens et les autres religions à une plus grande sensibilisation et coopération œcuménique et interreligieuse dans un monde bouleversé par le Covid-19. Il s’agit d’un défi mondial à servir un monde blessé dans la solidarité dépassant nos clivages identitaires, nationaux, linguistiques, religieux, etc. N’est-ce pas que le temps est favorable à la découverte de nouvelles formes de solidarité pour repenser le monde post-Covid ?   

 

En effet, selon les deux Conseils précités, l’exemple du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37) peut inspirer notre façon de faire, de vivre ensemble et d’envisager notre avenir. Nous y trouvons un homme blessé sur le bord de la route, abandonné par les membres de sa communauté et une personne d’une autre communauté, qui vient à son secours. Comment ne pas y entendre résonner un appel à « transcender les frontières dans le service et la solidarité avec ceux qui souffrent ? N’est-ce pas là aussi un appel à surmonter les préjugés négatifs que nous pouvons avoir et à reconnaître avec humilité et gratitude que l'"autre" (le Samaritain dans ce cas) peut nous montrer le vrai sens du service et de la solidarité. » ? Voilà pourquoi, les deux Conseils « invitent "tous les chrétiens à servir nos voisins, et à servir à leurs côtés"…  "Servir ensemble un monde blessé fait de nous tous des voisins" conclut le document, un monde qui a besoin d'être marqué par la guérison et l'espérance » (« La solidarité interreligieuse au défi de la pandémie de Covid-19 ».

 

À notre niveau, en restant à l’écoute de l’Église, du monde et de nos réalités locales, osons inscrire nos réflexions dans la même perspective visant à développer une plus grande solidarité et une plus grande fraternité qui se traduisent en actions concrètes et crédibles. Saint Jean de nous rappeler : « Voici à quoi nous avons reconnu l'amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Mes enfants, nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité » (1 Jn 3,16-18).

 

À tous et à toutes, belle entrée dans la nouvelle année pastorale et catéchétique !

 

Abbé Christophe Bikuika

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