église de Belgrade
Paroisse Saint-Joseph
Belgrade
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L’Esprit Saint fait l’unité dans la diversité et pousse au respect dans la divergence

 

vitrail de l'Esprit Saint Dans un contexte difficile de notre monde touché depuis plus d’un an par la pandémie, nous venons de célébrer la Pentecôte qui, nous l’espérons, apportera un nouveau souffle pour l’avenir du monde et de l’Église. Nous osons croire que celui qui a promis le don du Saint Esprit à ses Apôtres nous renouvelle la même promesse et nous ouvre à la même espérance d’être guidés et conduits par lui, à tenir bon et à vivre l’unité dans la diversité et le respect dans la divergence.
 
Aujourd’hui, plus que jamais, l’Église assumant les défis de la globalisation, ne peut prétendre témoigner du Christ en s’enfermant. 

D’où l’appel du pape François invitant l’Église missionnaire dans l’aujourd’hui de notre monde à aller jusqu’aux périphéries, aussi bien géographiques qu’existentielles. Du coup, dans notre manière d’être missionnaires, il nous faut être des vrais coopérateurs, non pas des empêcheurs, des murs, des obstacles, fermant l’accès à la foi ou l’ouverture aux autres. Peut-on se dire croyant ou chrétien sans témoigner de sa foi ou de ses convictions religieuses ? Peut-on vivre réellement sa vie de foi sans prendre en compte les réalités de la société qui nous entoure, dans laquelle nous visons et où nous sommes envoyés pour être témoins du Christ ressuscité ? Sans témoignage de vie, de notre identité et sans engagement pour le Christ et le monde, nous ne pouvons prétendre avoir été immergés dans la vie pascale, car baptisés dans le Christ, nous avons revêtus le Christ pour être un dans le Christ (cf. Ga 3,27-28). Pour nous, il a donné sa vie (1 Jean, 3, 16) ; il n’y a pas de foi sans œuvre. Jacques écrit : « En effet, de même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans [les] œuvres est morte » (Jacques 2, 26). 

 

N’est-ce pas qu’en reconnaissant la raison et la nécessité de l’action missionnaire de l’Église qui rejoint la volonté de Dieu de sauver tous les hommes, on ne peut pas ne pas relever le fait que Dieu peut conduire les hommes au salut par d’autres voies ?

 

la lumière du ciel traverse les nuagesComme le notent Gustavo Gutiérrez et Gerhard Ludwig Müller, c’est un des grands défis contemporains lancés à la foi, « celui du pluralisme religieux et du dialogue interreligieux qui en découle. » ( Gustavo Gutiérrez et Gerhard Ludwig Müller, Aux côtés des pauvres. L’Église et la théologie de la libération, Paris, Bayard, 2014, p. 66). C’est pour cette raison que le pape Paul VI invitait au dialogue avec d’autres religions, un « dialogue du salut » ( Cf. Paul VI, Lettre encyclique Ecclesiam suam, sur l' ecclésiologie et sur les réflexions entreprises sur la nature et la mission de l'Église lors du concile Vatican II, Rome, 6 août 1964, n° 3).
 
Pour cette même raison, le Concile Vatican II considère que l’œuvre du salut n’est pas seulement présente et agissante dans l’Église catholique, elle est aussi présente dans d’autres religions non chrétiennes.

Nous ne pouvons donc pas rejeter « ce qui est vrai et saint dans ces religions » (Nostra Aetate, Déclaration sur les religions non-chrétiennes,  n° 2).  Le dialogue interreligieux est important, au-delà du dialogue œcuménique entre diverses religions chrétiennes. Cela ne veut pas dire que toutes les religions se valent, car nous devons reconnaître l’arbre par ses fruits. Cependant, il faut admettre que les semences du Verbe, les germes de salut, sont partout présents, car l’Esprit comme le vent, on ne sait ni d’où il vient, ni où il va (cf. Jn 3,8).
 
D’où l’importance pour nous d’avoir le souci de l’avenir de notre Église et du monde, tout en considérant que nous évoluons dans une société plurielle, culturellement et religieusement, exigeant la conjugaison des efforts des uns et des autres pour bâtir un monde meilleur. Pour les pères conciliaires, « en toute vérité, dans l’histoire humaine, même au point de vue temporel, l’Évangile a été un ferment de liberté et de progrès, et il se présente toujours comme un ferment de fraternité, d’unité et de paix » (Le Décret Ad Gentes, sur l’activité missionnaire de l’Église, n° 8).
 
le souffle d'une plumeCessons donc de vouloir édifier une Église qui s’enferme dans nos sacristies.

De même, nous devons cesser d’être des communautés chrétiennes avec des portes closes et incapables d’affronter les défis de la vie communautaire et de s’adapter aux circonstances qui s’offrent pour un renouveau dans la manière de vivre fraternellement avec les autres, quelle que soit leur origine, leur appartenance ethnique ou nationale, leur conviction philosophique ou religieuse. 

Il nous faut faire signe de l’amour de Dieu au milieu du monde. Cela ne demande qu’à s’ouvrir à l’Esprit de Pentecôte qui vient transformer nos craintes en engagements audacieux et  remplacer notre cœur de pierre en cœur de chair. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » (cf. Psaume 94). « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes des Apôtres 5, 29). « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises » (Apocalypse 2, 7).
Que la descente du Saint Esprit ait un effet unificateur, en nous conduisant à l’unité dans la diversité et en nous inspirant le respect dans la divergence.

 

«Viens, Esprit Saint, en nos cœurs… Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.»

 

Bonne fête de Pentecôte à toutes et à tous !


Abbé Christophe Bikuika

 

 

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